RAVELLO vu de la mer
Nous venions de quitter Amalfi par la mer pour rejoindre Salerne où le car nous attendait pour le retour. Comme plusieurs villes de la côte amalfitaine, Ravello est coincée entre montagne et mer. Il faudra s'y arrêter aussi lors d'un prochain voyage.

Maison où Richard Wagner composa le 2ème acte de Parsifal, dixit Luciano notre guide. L'histoire raconte que le 26 mai 1880, il s'exclama : "Le jardin magique de Klingsor est trouvé". Ce magnifique opéra est créé le 26 juillet 1882 lors du second festival de Bayreuth. Tous les ans, un festival est consacré à ce musicien de génie dans la Villa Rufolo.

EN PERPÉTUELLE CONSTRUCTION !
NAPLES, le spectacle est dans la rue
Ce matin là, un car était venu nous chercher à notre hôtel à San Agnello pour cette journée napolitaine. Pendant l'heure et demi de route, Luciano nous avait fait un rapide historique de la ville de l'antiquité à nos jours. En fait une journée à Naples, c'est beaucoup trop court, mais c'est le propre des circuits.
Dans les rues étroites, le linge sèche entre les immeubles ....

... et les draps sur les façades. Les "Mamas" discutent en Napolitain d'une fenêtre à l'autre. Elles parlent toutes en même temps, et c'est à celle qui parlera le plus fort. C'est totalement surréalistes.

La rue San Gregorio Armeno est réputée dans le monde entier pour l'artisanat des crèches de Noël, de ses personnages, et de tous les types de santons à caractères religieux ou pas. Les premières seraient apparues vers 1223 dans un village proche de Rome. L'église s'était aussitôt emparée du concept car il célébrait la naissance du Christ. Légende ou réalité, peu importe, c'est une bien jolie coutume adoptée aujourd'hui dans toute la chrétienté ! Les napolitains affirment fabriquer les plus belles crèches. J'en suis convaincu, ce sont de vrais petits chefs d'œuvres.


Antonella en grande conversation avec une marchande de sandwichs. C'est une spécialité locale, et dedans, il y a même de la sauce tomate !


Dans une autre rue commerçante, les pâtes s'exposent à l'entrée des épiceries

Rentré en France, J'ai cherché en vain des pâtes Lumaconi !

La rue réserve aussi des surprises ! Ah, ce boulanger !

L'Italien et ici le Napolitain sont des langues qui chantent la gaité et le soleil. Le bel canto ou la musique instrumentale sont partout. Ils sortent des maisons et des boutiques. Mais la musique vient aussi de la rue.

En allant vers le palais royal, nous croisons un mariage. Les mariés, dans une superbe décapotable blanche, font partager leur bonheur avec toute la rue. Ils font chanter les passants, et des applaudissements fusent de partout. Nous ne connaissons pas cette joie communicative en France.

EN PERPÉTUELLE CONSTRUCTION !
AMALFI
Le point fort de cette journée consacrée à la côte amalfitaine aura été Amalfi sans aucun doute. Cette petite cité baignée de soleil calée entre le mont Cerreto (1315 m) et la mer tyrrhénienne est un véritable enchantement.
Le port aujourd'hui est essentiellement touristique. Mais dès le IXe siècle il faisait parti des grands ports européens pour les échanges commerciaux dans tout le bassin méditerranéen et même jusqu'en Orient. Une économie maritime fleurissante et quelques brillants faits d'armes aidaient la ville à acquérir sa complète autonomie. Le 1er septembre 839 la République fut proclamée. La prospérité dura environ trois siècle. En 1131 où Roger II de Hauteville s'empara de la ville. Le pape Innocent II voulait absolument se débarrasser de ce personnage encombrant, et la République de Pise voulait être la seule puissance maritime de la région. Ils s'allièrent donc, et la guerre éclatât en 1137. Les chantiers navals et la flotte d'Amalfi furent complètement détruits. La ville ne se remit pas de cette sombre période, et son déclin se fit sentir rapidement.

Ruelles typiques

Tête à tête au détour d'une ruelle ...

Aux abords de la cathédrale, la rue est magnifiquement décorée

L'ensemble cathédrale Saint-André
Autour de l'an 1000, deux cathédrales sortent de terres l'une à côté de l'autre, et ceci à quelques années d'intervalle. Au début du XIIIe siècles, les deux lieux de culte sont réunis en un seul avec de nombreuses transformations. Cet énorme chantier est motivé par l'arrivée des reliques de Saint-André. De nouvelles transformations ont lieux entre le XVI et le XVIIIe siècle.

Le tympan orné de mosaïques représente le Christ sur son trône salué par les puissants de la Terre.

L'intérieur de la cathédrale est du pure style baroque : marbre, plafond à caissons et dorures.

La crypte où repose le corps de l'Apôtre Saint-André depuis 1207. A cette date il fut volé par un cardinal dans l'église des Saints-Apôtres de Constantinople où il reposait depuis 353 avec Saint-Luc et beaucoup d'autres (1).

Reliquaire de Saint-André

Le cloitre dit "du paradis"

Hôtel 5 étoiles fréquenté par la jet-set internationale

Classement de la ville - Elle est classée patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1997
Notes :
(1) La République d'Amalfi de Frédérique MERCEY - Revue des Deux Mondes T.21,1840
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PRAIANO
Pendant la période 1266-1441, les comtes d'Anjou y avaient créé une université très renommée.
La tour de l'Assiola est édifiée en 1270 sous le règne de Charles 1er d'Anjou.


La marina de Praia

L'église San Luca

L'aiguille dolomitique connue sous le nom de la Madonne et l'Enfant

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POSITANO
Comme dans moultes endroits de ce merveilleux pays, tout commence par une légende ! Ici, elle veut que Positano ait été fondée par Neptune quand il est tombé amoureux de la nymphe Pasitea. Les récits antiques précisent que les ilots face à la ville, et appelés aujourd'hui "Li Galli", seraient les corps des trois sirènes Ligéa, Leucosia et Parthénopé qui se seraient suicidées car Ulysse avait réussi à résister au danger de leur chant. Avec beaucoup d'imagination, l'un de ces rochers pourrait faire penser à un corps de femme !

Église Notre Dame de l'Assomption

La plage de sable fin de Marina Grande.

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SORRENTE & SAN AGNELLO
Pour ce qui est de l'origine de cette ville, il est fort probable que je me retrouve un jour au détour de quelques pages d'un excellent bouquin nez à nez avec les colons grecs ! Concernant le nom, il n'est pas impossible qu'il y ait eu en rapport très étroit avec les sirènes (Surrentum) et leurs légendes !
Aujourd'hui, comme beaucoup de villes de la côte, Sorrente (Sorrento) est une citée "à deux étages". L'agglomération est sur la falaise, et la station est en bas au bord de cette magnifique mer Tyrrhénienne d'un bleu exceptionnel ! Une voie tortueuse, étroite et à très forte pente les relie l'une à l'autre. En haut, les rues sont animées, commerçantes et la circulation est intense. Quelques hôtels et propriétés somptueuses sont construits au bord de la falaise. C'est spectaculaire.

En descendant, nous découvrons à mi hauteur le ponton où des vedettes rapides viennent faire le plein de touristes pour Naples ou Capri. Nous avons embarqué à cet endroit deux jours auparavant. (Voir dans ce blog l'article sur Capri)
.

A gauche du ponton de départ, la ville a fabriqué de toute pièce une sorte de solarium. Il faut dire que les plages de sable sont ici plutôt rares.

A droite, marina picola
Découverte gastronomique.
Quand on est en vacances il n'y a pas que le ciel, le soleil et la mer. C'est très important bien entendu, mais on peut les conjuguer aussi en fonction de ses gouts et passions, etc. En ce qui me concerne, j'aime aussi déguster les spécialités locales.
Je suis très grand amateur de pâtes depuis mes jeunes années. Un conseil : allez déjeuner au "Bar La Scogliera" dont vous voyez le toit vert sur la photo ci-dessus en bas à gauche. Demandez les "Pasta la Neranese", c'est exceptionnel, vous ne le regretterez pas. Bon appétit ! .......... et les prix sont très raisonnables.
San Agnello
Le voyagiste avait bien fait les choses en sélectionnant cet excellent établissement : "Hotel Parco del Sol", à la sortie de San Agnello en direction de Sorrente. Cela nous changeait de Rome.
Il mérite amplement ses 4 étoiles. Tout a été parfait : chambre et salle de bain très propres, cuisine soignée variée et toujours très gouteuse.
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NAPLES, le Musée Archéologique National
Il est bien difficile de résumer la visite d'un musée en général. C'est totalement infaisable quand il est aussi exceptionnel que celui-ci. Il figure en bonne place parmi les très grands musées de ce monde.
Nous nous sentons un peu frustrés par la fermeture des salles égyptiennes et celles contenant les mosaïques de Pompéi et d'Herculanum. De très gros travaux ont été entrepris pour la mise en sécurité du bâtiment. Il faudra revenir.

Je ne peux pas inclure toutes les photos dans ce blog. Je donnerai donc un aperçu des salles qui m'ont le plus marqué.
La Villa des Papyri à Herculanum
C'était la résidence secondaire de Caius Calpurnius Piso dit "Pison", homme politique très en vue à Rome, et beau-père de Jules César. Ensevelie sous les cendres de l'éruption de 79, elle a été redécouverte en 1750 lors de fouilles commandées par Charles de Bourbon (1). Pison était un lettré, un érudit et un amateur d'art. Son immense fortune lui a permit d'amasser des collections inestimables retrouvées en parties lors des fouilles. Outre les sculptures, les archéologues ont retrouvé une véritable bibliothèque de rouleaux calcinés. Avec toutes leurs sciences, certains ont pu être déroulés et lus.
Athlète prêt à la lutte - Cette statue en bronze est inspirée par le style de l'école Lysippe (2) qui définit en Grèce, les canons de la beauté athlétique. Je serais tenté de dire que les yeux incrustés sont la touche égyptienne de l'œuvre. Ce type de regard expressif se rencontre sur plusieurs statues égyptiennes dont celle du Scribe au Musée du Louvre.

Prince et princesse - A gauche, Ptolémée Apion (le maigre), fils de Ptolémée VIII Evergète II. A droite, une princesse hellénistique inconnue

Roi - Pison devait admirer particulièrement Pyrrhus, car celui-ci fait l'objet de deux statues. Pour mémoire, ce roi grec (environ 318-297-272 avant J-C) régna d'abord sur la tribu des molosses avant de s'imposer dans d'autres régions. Il a été craint dans toutes les régions italiques.
Poète et philosophe - A gauche, Homère. A droite, Paniassi poète d'Halicarnasse.

Salon du cadran solaire
Un cadran solaire réalisé par les architectes du XVIIIe siècle, en même temps que le reste du sol, a donné son nom à cet immense salon. Il s'agit d'un réel chef d'œuvre.

Plusieurs salles sont consacrées aux fresques sauvées des fouilles de Pompéi, Herculanum et Stabia.
Villa Ariana à Stabia - A gauche, Flora ou Primavera. A droite, Diane

Maison de Gavius Rufus à Pompéi - A gauche, Thésée, libérateur de Pompéi. A droite, les centaures baisant la main de Pirithöus

Bacchus dans l'assemblée des dieux
Certains auteurs parlent d'une jeune fille qui hésite avant d'écrire, sans autre détail. D'autres disent qu'il s'agirait de la poétesse Sapho, née vers 612 dans l'île de Lesbos et qui eut une vie très spéciale. Au delà de ces considérations, je trouve que l'expression du regard de cette jeune personne la rend étonnamment vivante.

Collection Farnèse - Le pape Paul III Farnèse (1468-1534-1549) était très amateur d'art. L'immense fortune de la famille Farnèse servit à l'accumulation de ces trésors. Un très grand nombre a été copié sur des œuvres sorties des fouilles de Rome et en particulier des thermes de Caracalla en 1545.

A gauche, Hercule. A droite, Farnèse Le taureau Farnèse

Un dizaine de statues d'empereurs romains sont exposées. Ici, à gauche, Jules César, à droite, Marc Aurèle

(1) Charles de Bourbon (1716-1759) est le fils ainé de Philippe V d'Espagne et de sa 2ème épouse Élisabeth Farnèse. Il devient Roi de Naples en 1734. Cette branches des Bourbons d'Espagne gouvernera le royaume de Naples jusqu'à 1806, date de l'arrivée des Français.
(2) Lysippe de Sicyone (395-375-305 avant J-C) était sculpteur et bronzier grec. On lui attribue plus de 1500 œuvres parmi lesquelles "le vainqueur des jeux olympiques".
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De PARTHENOPE à NAPLES
Le car venait de prendre la direction de Naples, et je repensais à l'excellente émission Des racines et des ailes dont l'un des numéros traitait de cette ville. Le reportage montrait que de nombreux trésors se trouvaient derrière des portes banales et sans indication que seuls des initiés connaissaient. Qu'allions nous voir ? Je devais me rendre vite à l'évidence que notre visite ne serait pas du tout comme dans l'émission, mais presque complètement en extérieur. Pour des amateurs d'art et d'histoire comme nous, c'est l'une des villes les plus difficiles à appréhender. Les styles grecs, romains, italiens, français, espagnols et quelques autres se bousculent sur quelques hectares et plus de 2 500 ans (1). Nous avions donc une seule journée pour tout survoler. Cela incite à revenir !
D'après les spécialistes l'origine de la ville est assez floue. On sait qu'au VIIe siècle avant notre ère, des colons grecs fondèrent une cité appelée Parthénopé. Selon la légende une sirène portant ce nom serait tombée amoureuse d'Ulysse. Devant l'indifférence de celui-ci, elle aurait mis fin à ses jours en se jetant dans la baie de Naples. Plus tard vers 475 avant J-C, suite à des invasions venues de Cumes (2), la ville prit le nom de Néapolis (Nouvelle ville). Avec le temps ce nom a évolué en Napoli. Strabon (3) donne des indications intéressantes sur la fondation de la ville (Strabon, IV,7 à 12).
Vestige de l'ancienne enceinte grecque de la ville.

Le château de l'Oeuf (Castrum ovi en latin, Castel dell'Ovo en italien)
C'est ici que le corps inerte de Parthénopé serait venu s'échouer. Au 1er siècle avant J-C, le site aurait été occupé par le castellum Lucullanum, résidence secondaire d'un consul romain Lucius Licinius Lucullus. Plus tard en 476, la résidence servit d'exil au dernier empereur romain d'occident Romulus Augustule. Après 492, cet endroit sera transformé en monastère.
D'où vient ce nom ? D'après la légende, Virgile (4) aurait fait croire à la population de Naples qu'un sorcier aurait déposé un œuf magique sous les fondations du château afin de soutenir la construction. Le jour où il disparaitrait, la forteresse suivi de toute la ville de Naples s'effondreraient. Jeanne 1ère de Naples de la famille d'Anjou fut accusée d'avoir volé l'œuf et rendue responsable de tous les maux de la ville.
Elle sera reconstruite par les normands au XIIe siècle. Pierre 1er d'Aragon lui donnera sa forme actuelle.

Le château neuf (castel Nuovo)
Il représente la période angevine qui se situe entre 1266 et 1441. Il a été édifié par des architectes français dans la deuxième moitié du XIIIe siècle sur ordre de Charles 1er
d'Anjou (5). Il est connu également sous le nom de château d'Anjou (castel angioino) pour le distinguer des deux châteaux existants, de l'Oeuf et de Capoue. J'ai lu que la construction n'avait duré que 3 ans de 1279 à 1282 sans aucune référence. Ceci me semble très peu. Charles 1er n'y vécut quasiment jamais.
Au contraire de son père, Charles II d'Anjou (6) y réside jusqu'à sa mort. Il entreprend des transformations et l'agrandit. Dans la ville, il lance un programme de nouvelles constructions. Des églises sortent de terre, les saints locaux sont favorisés. Un nouvel hôpital voit le jour. Il encourage le commerce et l'industrie. Son fils Robert 1er d'Anjou (7) continue son œuvre. Artiste, il fait appel à Giotto pour une fresque dans la chapelle palatine du château. Entre Robert 1er et René d'Anjou (8) plusieurs souverains seront à l'origine d'une ère d'instabilité très importante. Selon le testament de sa cousine Jeanne II, René hérite du royaume de Naples, mais les combats reprennent entre Anjou et Aragon. Finalement, il rentre en France en 1441 abandonnant définitivement le royaume de Naples.

Plus tard à l'époque aragonaise (1), Alphonse d'Aragon (9) décide de transformer complètement le château. Il mandate un architecte aragonais pour s'occuper de cette tache. Puis il fait appel à plusieurs peintres et sculpteurs italiens pour finaliser l'œuvre. Cette façade baroque toute blanche aux sculptures sublimes entre deux tours moyenâgeuses ne peut pas laisser insensible. La visite de l'intérieur sera pour un prochain voyage.

La basilique San Lorenzo Maggiore
C'est l'une des plus anciennes églises gothiques de Naples. Elle est située sur l'ancien agora grec qui devient par la suite le forum romain. Du XIIe au XIVe siècle, sa construction et son embellissement sont favorisés par les rois d'Anjou (5) à (7). Elle est attribuée aux Franciscains de la ville.

Mes photos prises à l'intérieur sont inexploitables. J'en utilise une venant de Wikimédia commons.

Détail de la tombe de l'un des compagnons de Charles D'Anjou décédé à l'arrivée à Naples, dixit Luciano notre guide. Il s'agit d'un réel chef-d'œuvre.

La place et l'église San Domenico Maggiore
Ils sont situées dans le quartier historique appelé "Spaccanapoli". Sur la place, une colonne est surmontée par la statue de Saint-Dominique. Elle est édifiée après la peste de 1656 et achevée en 1737 sous Charles III Bourbon. L'église a été construite entre 1283 et 1324 par Charles II d'Anjou sur les ruines d'une ancienne chapelle. Nous visiterons l'intérieur lors d'un prochain voyage.

Le palais royal
La première pierre est posée par les Espagnols en 1600. Ce palais devait être la résidence de Philippe II d'Espagne lors de ses séjours à Naples. Depuis le XVIIe siècle, les intérieurs et extérieurs ont subi de profondes transformations. Le palais a connu tous les styles successifs jusqu'au XIXe siècle. Joachim Murat (10) fait venir du mobilier du palais des Tuileries à Paris. Aujourd'hui c'est le siège de la Bibliothèque Nationale qui abrite entre autres les manuscrits d'Herculanum. La visite de l'intérieur sera pour un prochain voyage.

En 1888, Umberto 1er fait aménager des niches sur la façade pour les statues des plus grands hommes qui ont régné sur la ville. De gauche à droite : Roger II de Hauteville (ci-dessous à droite), Frédéric II de Souabe, Charles 1er d'Anjou (ci-dessous à gauche), Alphonse V d'Aragon, Charles V de Habsbourg, Charles III de Bourbon, Joachim Murat et Victor-Emmanuel II de Savoie.

Galerie Umberto 1er
Construite entre 1887 et 1891, l'architecture est spectaculaire avec son dôme de verre et d'acier. Elle prend le nom du roi d'Italie en place Umberto 1er (1844-1878-1900).

Le sol représente les signes du zodiaque.

Classement de la ville
Le centre historique de Naples est classé patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1995
Notes :
(1) Les différentes périodes de l'histoire de Naples
- Grecque - du VIIIe siècle à 325 avant J-C,
- Romaine - de 325 environ avant J-C à 476 après J-C (Romulus Augustule dernier empereur),
- Byzantine - de 476 à 763,
- Le duché autonome - de 763 à 1139, le duché de Naples va vivre cinq siècles de prospérité,
- Normande - de 1139 à 1195,
- Souabe - de 1195 à 1266,
- Angevine - de 1266 à 1442,
- Aragonaise - de 1442 à 1503 ,
- Espagnole - de 1503 à 1707, le royaume de Naples est gouverné par des vice-rois espagnols,
- Autrichienne - de 1707 à 1734,
- Les Bourbons de 1734 à 1806,
- Française - de 1806 à 1815,
- Les Bourbons - de 1815 à 1860,
- L'unité italienne - de 1860 à aujourd'hui.
(2) Cumes, ancienne citée de la Grande-Grèce située à 12 km à l'ouest de Naples dans le golf de Gaète.
(3) Strabon, historien géographe et philosophe grec, est né en Cappadoce (Turquie actuelle) en 58 avant J-C, et décédé entre 21 et 25 après J-C. Il rédigea une Histoire en 43 volumes. Malheureusement aucun ne nous est parvenu. Puis il entreprit la rédaction d'une Géographie en 17 volumes qui nous est parvenu, exception faite d'une partie du livre VII. A noter que l'Italie figure dans les livres V et VI.
(4) Virgile (70-19 avant J-C), poète et écrivain latin
(5) Charles 1er d'Anjou (1227-1285) est le fils de Louis VIII le Lion, roi de France, et de Blanche de
Castille. En 1246, il épouse Béatrice de Provence. Ses comtés d'Anjou et de Provence ne lui suffisent pas. Il sait que le pape Urbain IV
(1195-1261-1264) puis son successeur Clément IV (ca 1200-1265-1268) ont des problèmes avec Naples et la Sicile où règne les Hohenstaufen, leurs ennemis jurés. Charles se met au service de Rome moyennant la promesse de la couronne de ces deux fiefs. Il est d'abord nommé vicaire impérial de Toscane, puis sénateur de Rome le 21
juin 1265. Le 28 du même mois, il est investi roi de Naples dans la basilique
Saint-Jean de Latran (voir article). Il lève une armée et renverse Manfred de Hohenstaufen à la bataille de Bénévent en 1266 (ville à 50 km au nord-est de Naples).
(6) Charles II d'Anjou (1248-1309) dit Le boiteux épouse Marie de Hongrie
(7) Robert d'Anjou dit Le Sage épouse (1277-1343)
(8) René d'Anjou (1409-1480) est le second fils de Louis II d'Anjou et de Yolande d'Aragon.
(9) Alphonse d'Aragon (ca 1394-1458) dit le Grand ou Le Magnanime épouse Marie de Castille en 1415.
(10) Joachim Murat (1767-1815), Maréchal d'Empire, Grand Duc de Berg et de Clèves (de 1806 à 1808), puis roi de Naples de 1808 à 1815. C'est le beau-frère de Napoléon 1er par son mariage avec Caroline Bonaparte
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Le VESUVE

Dans une vie, il est des journées qui marquent, ce 24 juin 2010 en fait partie. Nous avions passé la matinée sur le site de Pompéi, et maintenant nous nous préparions à grimper jusqu'au sommet du Vésuve, le responsable de tous les malheurs de Pompéi et des alentours. Ces deux visites ne pouvaient laisser personne insensible.
L'altitude du volcan à ce jour est de 1280 mètres environ. Pour des marcheurs entrainés, la montée peut se faire en trois heures précise notre guide. Le car entama sa montée, et je constatais avec stupeur la présence d'habitations au bord de la route. Heureusement, cela ne dura pas, et un paysage désolé succéda à une végétation luxuriante. Notre chauffeur nous déposa à 1 000 mètres sur le parking visiteurs. Restait à gravir à pieds les 280 derniers mètres sur un chemin bien aménagé mais à très forte pente.

Un peu de sciences ...
Je n'y connais absolument rien en volcanologie, mais après cette journée de juin, je souhaitais en savoir un peu plus sur ce volcan, son origine, son fonctionnement, sa vie, son oeuvre meurtrière, etc. J'ai passé internet au peigne fin, et je propose un site de spécialistes incontestés qui ont su se mettre à ma portée !!! http://www.ipgp.fr/pages/06120301.php
Quelques dates ...
24 août 79 - Il est à l'origine de la destruction des villes de Pompéi, Herculanum, Stabies et quelques autres, ensevelies sous une pluie de cendre et de boue. Voir dans ce blog l'article sur Pompéi.
De 79 à nos jours, j'ai compté une trentaine d'éruptions environ, avec un pic d'activité dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle.
mars 1944 - L'activité du volcan dura tout le mois, depuis les indices avant coureurs le 1er, jusqu'au 29 où tout s'arrêta. Entre temps, les explosions ont succédées aux coulées de lave détruisant San Sébastiano et Massa. Après l'expulsion de plusieurs km3 de poussières et de boues, l'activité déclina. On déplora 26 morts. L'excellent documentaire "La terre en colère" diffusée sur la chaine France 5 a montré quelques extraits de l'éruption, de la destruction de l'un des deux villages, et de la lutte des soldats italiens et états uniens contre cet ennemi "insolite".
La coulée de lave est toujours visible. La végétation n'a pas encore eu le temps de reprendre complètement ses droits.

Après 280 mètres de très forte pente, je déconseille vivement cette montée à tous ceux qui ont des problèmes cardiaques ou de mobilité. Nous venions de passer la cabane du service de surveillance du volcan pour nous diriger vers le cratère.

Le cône du volcan a une profondeur de 300 mètres, pour un diamètre de 400 mètres. Cette bouche béante, à l'origine de bien des malheurs, me rend très mal à l'aise.

Je commence à sentir l'odeur du souffre dégagé par les fumerolles.

Sur le chemin du retour, je me pose un tas de questions, et en particulier sur la sécurité des populations qui résident au pied du volcan. Je ne sais pas s'il faut employer les mots "inconscience", "résignation", ou peut être un autre. Je ne comprends toujours pas. Les autorités italiennes ont prévu des tas de plans d'évacuation de Naples et des localités avoisinantes sur les dire des volcanologues. Espérons qu'ils ne se trompent pas. La responsabilité est écrasante.

Le volcan à différents époques ...
Pierre-Jacques VOLAIRE dit le Chevalier VOLAIRE - Toulon 1729, Naples 1799 - En 1762, il part s'établir à Rome, puis en 1767 à Naples où il se fait le spécialiste des peintures du volcan en éruption.

Photo Wikimédia Commons
Joseph REBELL - Cette peinture aurait été exécutée entre 1813 et 1815.

Photo Wikimédia Commons
Autre particularité de la journée !
Le silence de la descente fut bientôt interrompu par les autoradios des véhicules stationnés sur le parking. Je me disais que la retransmission du match de football contre la Slovaquie venait de commencer. Pour nos amis Italiens, c'était la dernière chance de qualification pour les 8ème de finale de la Coupe du Monde.
En rentrant à notre hôtel, les drapeaux disposés aux fenêtres le matin avaient disparu quand le car traversa San Agnello. La ville était étonnamment calme. Le verdict était tombé quelques instants plus tôt, 3-2 pour les Slovaques. Antonella, l'animatrice italienne de notre groupe, très remuée par cet évènement, vint nous donner ses premiers commentaires !
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POMPEI
Pompéi a été fondée par les Osques (1) vers 600 avant J-C. Occupée par les Samnites (2) vers 425 avant notre ère, la cité a connu une réelle prospérité avant de tomber sous la domination romaine en 89 avant J-C. Dès la fin de l'année 62, plusieurs tremblements de terre avaient secoué les abords du Vésuve. Les dégâts étaient très importants. Mais tout ceci n'avait pas décidé pas pour autant les habitants à fuir vers d'autres cieux plus cléments.
En cette année 79, l'Empire n'offrait pas une image très idyllique. Vespasien (9-69-79) était décédé le 24 juin, laissant à son fils Titus (39-79-81) l'héritage d'un empire où se succédait les révoltes, les intrigues de palais et les assassinats politiques.
24 août 79 - En début de matinée une secousse ébranlait le sol, suivi peu après par une série de détonations assourdissantes. Des colonnes de feu sortaient du volcan vite remplacées par un champignon de poussière obscurcissant tout. Ce nuage s'étendait jusqu'à Capri. Une pluie de pierres, de scories et de boue s'abattait sur la ville. En plein midi, la nuit tombait sur Pompéi, le soir la ville était rayée de la carte.
Ici, je préfère que chacun se réfère aux récits de Pline le Jeune (3) : http://www0.dfj.vd.ch/gybur/BRANCHES/latin/POMPEI/pline.htm
Pompéi est redécouverte en 1748. De nombreuses campagnes de fouilles sont réalisées jusqu'à nos jours, entrecoupées par les colères du volcan.
Aujourd'hui - Pompéi est un chantier de fouilles de 44 hectares vieux d'environ 250 ans. Selon les spécialistes il resterait 22 hectares à fouiller, du travail et surement des découvertes passionnantes pour les générations à venir.
Ce matin là, le car nous avait déposé non loin de la porte de Stabies, l'un des accès sud du site de Pompéi. Avant d'y pénétrer, nous avions longé l'arrière des ruines du quartier des théâtres.

Rue de Stabies
Un passage pour piétons surélevé, avec une ornière directionnelle pour les chars, afin qu'ils ne se brisent pas sur les pierres en travers de la rue.

Du quadriportique des théâtres à la caserne des gladiateurs - Sorte de foyer ou d'espace rassemblant les amateurs de théâtres, le quadriportique était une grande place fermée et semi abritée sur son pourtour. Après les tremblements de terre de 62/63 après J-C, une construction de plusieurs pièces fut rajoutée dans l'enceinte pour la création d'une caserne de gladiateurs. Lors des fouilles, en plus des armes de combats et autres boucliers, les archéologues ont mis au jour des restes humains et ceux d'un cheval déjà harnaché pour l'entrainement.

Derrière les colonnes et dans le fond, les portes de la caserne des gladiateurs.

L'Odéon - Dans la même rue, derrière le quadriportique, l'Odéon était à l'origine une salle couverte de 1 200 places dont l'acoustique était, parait-il, excellente. Les premières rangées de gradins pouvaient recevoir des sièges mobiles pour les hôtes de marques.

La boulangerie - Le four et la meule du boulanger (meule en pierre de lave)

Portrait du boulanger Paquius Proculus et de sa femme

Photo de l'auteur - Musée archéologique National de Naples
Rue de l'abondance
Cette rue prend son nom de la fontaine publique qui l'orne à une extrémité. J'ai lu cette explication, mais je ne suis pas convaincu. C'était la rue la plus commerçante de Pompéi, donc la rue de l'abondance de biens. Enfin c'est mon avis.
La rue est interdite à la circulation des chars dans la partie proche du Forum.

La maison du sanglier (cinghiale) - Elle a été fouillée au XIXe siècle. La mosaïque d'entrée montre une sanglier attaqué par deux chiens. Située non loin du forum, elle devait appartenir à une famille aisée. On aparçoit ici le bassin de la fontaine de l'atrium, ainsi qu'une partie du dallage.
La grande place du Forum
La place est un vaste espace de 142 x 38 mètres, autour duquel se groupaient les principaux édifices publics, civils et religieux. Dans le fond : le Vésuve. L'aménagement de la place du forum date du IIe siècle avant J-C.

La basilique - Située sur la gauche de la place, à côté du temple d'Apollon, la basilique était le tribunal de la ville pour les affaires courantes, les cas graves relevants de Rome.

Colonne ionique à fut en briques et recouvert de stuc

Le temple d'Apollon - Venant juste après la basilique, le temple d'Apollon était probablement l'édifice religieux le plus important de la ville. On notera à gauche sur la photo une colonne surmontée d'un cadran solaire. Elle date d'Auguste précise Luciano notre guide.

A l'avant du temple, et de chaque côté du temple, deux magnifiques statues en bronze représentent Diane et Apollon en archers. Les originaux se trouvent au Musée Archéologique de Naples.

Restes de la colonnade (partie gauche de la place)

Le temple de Jupiter - Sa construction remonte à la période samnite où il est déjà le centre de la vie religieuse. Les romains le transformeront en Capitolium pour abriter la triade capitoline : Jupiter, Junon et Minerve. L'édifice servait également d'entrepôt du le trésor publique.

Le Macellum - Grand marché des produits alimentaires. C'est l'ancêtre des supermarchés !

Le temple de Vespasien - L'empereur divinisé avait droit à un temple recouvert de plaques de marbre. Devant celui ci se trouve encore un autel pour les sacrifices rituels.

Colonnade de la galerie marchande (côté droit de la place)

Rue du Forum
Le temple de la Fortuna Augusta - Ce temple est édifié en l'honneur d'Auguste divinisé en 3 après J-C. Fortement endommagé par le tremblement de terre de 62, il était en cours de restauration lors de l'éruption de 79.

Rue de Mercure
L'arc de Mercure ouvre sur la rue du même nom

Maison du poète tragique - Fresque représentant le sacrifice d'Iphigénie

Photo de l'auteur - Musée archéologique National de Naples
Fresque trouvée dans la Maison de Méléagre

Photo de l'auteur - Musée archéologique National de Naples
Maison de la petite fontaine

A proximité du Forum ...
Le thermopolium - Aujourd'hui on dirait bistrot ou café-restaurent
suivant la taille et l'emplacement de l'établissement. En général il était composé
d'une grande pièce ouverte sur la rue. On y servait des
repas chauds, du vin et des boissons chaudes de type infusions. Des
trous dans le comptoir en marbre permettaient l'accès à de grandes
jarres remplies de nourritures. En dégageant l'un de ces établissements,
les archéologues ont retrouvé la caisse remplie de la recette du jour.

Le lupanar - (lupa
en latin signifie prostituée). Environ 25 maisons de prostitution ont
été identifiées par les archéologues, pour une population d'environ 15
000 habitants. Je trouve ce chiffre tout à fait incroyable. On peut y
voir une dizaine de petits box en maçonnerie, dont chaque encadrement de porte est
surmonté d'une peinture érotique. Il y avait surement une autre maison plus intéressante à faire visiter aux touristes que ce genre d'établissement.

Entrepôts des archéologues
Des milliers d'objets récupérés des fouilles actuelles sont visibles derrière des grilles dans d'immenses entrepôts.


Alimentation en eau de la ville - Pompéi est approvisionnée en eau par un aqueduc à l'époque augustéenne.
Au cours de la visite, je m'arrêtais soudain devant des tuyaux en plomb qui courraient le long d'un mur. Je demandais à Luciano notre guide s'ils étaient d'époque. Il me répondit par l'affirmative. J'avais lu quelque part que lors de l'explosion du Vésuve, les cendres et autres matières en fusion avaient été projetées à plus de 20 000 m. A cette altitude le froid est intense. En retombant sur terre, la pluie de cendre était complètement refroidie. Le plomb qui se ramollit à +60°C aurait fondu et détruit tout le réseau de tuyaux même enterré.
Classement du site - Pompéi est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1997.
Notes :
(1) Les Osques, du latin Osci ou Opsci, étaient un peuple de l'ancienne Italie du sud, dont les historiens disent ne pas connaitre grand chose. Ils seraient arrivés avec leur langue, leur religion et leurs coutumes. Le nom d'Opsci viendrait de la déesse de la fertilité.
(2) Les Samnites étaient à l'origine un groupe de tribus occupant un territoire appelé le Samnium situé dans la région sud des Apennins. Elle était délimitée au nord par le Latium, au sud la Lucanie et à l'ouest la Campanie. Le Samnium était une des régions qui formaient La Grande-Grèce. Ces peuples seront un réel problème pour Rome. Trois guerres et cinquante ans plus tard, ils seront définitivement romains. Tite Live raconte cette période aux 3 guerres..
(3) Pline le Jeune, écrivain et homme politique romain vers (61-114), neveu de Pline l'Ancien qui périt lors de l'éruption du Vésuve. Il était l'ami de Trajan.
EN PERPÉTUELLE CONSTRUCTION !


