Construction et inauguration

Souhaitant doter Rome du plus grand et plus bel amphithéâtre du monde romain, Vespasien (9-69-79) ordonna le début des travaux en 71 ou 72 après J-C. L'édifice sera terminé par son fils Titus (39-79-81) en 80. Son nom d'origine est l'amphithéâtre Flavien, du nom de la famille de l'empereur. Selon Dion Cassius (1), il aurait été financé avec le butin provenant du sac de Jérusalem en 70.  

Amphithéâtre de forme écliptique, ses dimensions extérieures sont impressionnantes : 188 mètres de long sur 156, et l'arène centrale 86 mètres sur 54. Il pouvait contenir jusqu'à 60 000 personnes environ après les travaux d'agrandissement ordonnés par Titus. Performance technique, un velum était tendu au dessus de l'édifice selon les caprices de la météo ou l'intensité des rayons solaires. Il était manœuvré par une équipe de marins car, précise Maria-Thérésa notre guide, cette profession rompue au maniement des voiles, était la seule à pouvoir établir le vélum en un temps record ! Sur la photo ci-dessous, au sommet du mur, on aperçoit des consoles dans la maçonnerie comportant des orifices pour le passages des mats et des cordages.

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Lors de son inauguration en 80, Dion Cassius rapporte que Titus avait réservé aux romains des spectacles qui durèrent pendant 100 jours, au cours desquels 9 000 animaux tant domestiques que sauvages furent sacrifiés.

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"Beaucoup d'hommes se firent gladiateurs" et virent grossir les rangs de ceux qui exerçaient déjà cette profession (2). Plus tard une école de gladiateurs ouvrit ses portes à côté du Colisée. Il faut rappeler que c'était une profession à risque puisque le vaincu était quasiment toujours mis à mort.

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Titus voulait un numéro extraordinaire dans les spectacles du Colisée. Pour son inauguration, une naumachie avait été prévue. Il s'agissait de la mise en eau de l'arène pour la reconstitution d'une bataille navale avec force décors et figurants. A ce stade tant les historiens que les archéologues sont divisés sur ce type de spectacles en arènes et notamment pour ce qui concerne l'étanchéité. N'étant pas spécialiste, j'attends avec impatience la suite de ces passionnantes recherches. Les naumachies étaient des spectacles couramment réalisés dans des bassins prévus à cet effet, ou dans la rivière traversant la ville quand c'était le cas.

Les salles souterraines

Après le décès de Titus en 81, Domitien (51-81-96) son frère cadet devient empereur. Il fait des aménagements dans le Colisée. Les plus importants sont les salles et couloirs souterrains. Un système de monte-charges sophistiqué va permettre de monter directement sur l'arène les fauves, les gladiateurs, les décors et autres matériels (3).   

 

 

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Autres spectacles donnés dans l'amphithéâtre

En dehors des jeux meurtriers énumérés ci-dessus, des spectacles musicaux étaient proposés aux spectateurs avec des sonneurs de cornu, des joueurs de trompette, d'orgue hydraulique et diverses percutions. Des pièces de théâtre et des poèmes étaient déclamés. Stace était le poète à la mode, il fallait au moins le Colisée car les théâtres habituels étaient trop petits. Cela me fait penser aux vedettes d'aujourd'hui. Rien n'a changé.

Points noirs, les mises à mort avec raffinement de cruauté. La foule adorait et faisait la queue, on refusait du monde. Quelques années plus tard, Néron, n'ayant pas assez de condamnés donna des spectateurs aux lions. C'est absolument horrible. On peut se poser la question si la prétendue civilisation romaine n'était pas qu'une vitrine cachant une barbarie atroce.

Le pape Benoit XIV consacra le Colisée comme lieu Saint en 1749. Depuis cette époque, un Chemin de Croix est organisé chaque vendredi Saint à l'extérieur de l'amphithéâtre.

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Sources

(1) Dion Cassius, ca (155-235) est un haut fonctionnaire talentueux du régime. Il rédige une Histoire Romaine en 80 volumes retraçant 973 ans de l'organisation politique et sociale de Rome et la vie de plusieurs régions et colonies de l'Empire. Je reste tout de même prudent quand cet auteur narre des évènements qui se sont passés plus d'un siècle auparavant. Les écrivains de l'époque sont nombreux, mais très peu sont ceux qui parlent du Colisée et de son histoire.

(2) Dion Cassius, Histoire Romaine, tome 9, livre 66, § 25 - Texte Remacle, en ligne.

(3) Un jour à l'amphithéâtre, L'archéologue n°112 de février-mars 2011


EN PERPÉTUELLE CONSTRUCTION